Dimanche 22 février 2026
L’Enfant sauvage, l’eau et les tourbières
Dimanche 22 février, ils étaient sept devant ...l’Octave, nouveau lieu de rendez-vous des Passejaires. Au programme, l’Enfant sauvage, l’eau et les tourbières soit 23 km pour 970 m de dénivelé.
Cette randonnée, pour improvisée qu’elle paraisse, était en réalité une escapade en autonomie (avec carte et descriptif) de derrière les fagots : au programme en avril 2015. Mais depuis, que d’eau a coulé sous les ponts ! Ainsi la vache, absente du Salon de l’agriculture, l’est tout autant du circuit, jadis instauré, pour populariser la tourbière des Pansières : c’était son effigie, placardée comme jalons sur poteaux ou arbres qui guidaient naguère le promeneur. Déboussolés nos Passejaires alors que, juste avant, au sommet du Mont Roucous à 1173 m. d’altitude, ils pouvaient se croire les rois d’Occitanie… puisque, la Révolution étant passée par là, ce n’était plus le domaine réservé aux comtes de Castres, comme l’attestait encore cette pierre gravée d’une fleur de lys vue en contrebas. Dame ! Outre la vue sur Lacaune qui s’étirait langoureusement à deux lieues, n’étaient-ils pas le relais entre les cimes des Pyrénées d’un côté et, tout autant enneigés, les plateaux de l’Aubrac ? Allaient-ils s’aventurer dans cette molle croûte spongieuse qui, insidieusement et silencieusement, pouvait les attirer vers le centre de la Terre ? Non, car au détriment sans doute des paysages majestueux semblables à ceux du Grand Nord canadien, la raison prévalut : ils s’écartèrent de la tourbière pour la contourner. Désormais, bienvenue dans le monde de l’intelligence artificielle, c’était la montre de l’un des marcheurs qui servait de boussole. Restait à jouer à saute-troncs et à slalomer dans les branches d’épicéas des chablis ou volis produits par les tempêtes successives pour se tirer d’affaire. Comme des travaux pratiques sur la vie rude, à l’état brut, telle celle que connut l’Enfant sauvage évoquée par le guide en matinée. Ne restait plus à savoir que l’homme peut forcer son destin, comme le fit, grâce à son imagination et son assiduité dans le travail et ses projets, Joseph Combes, l’inventeur, il y a cinquante ans, de l’eau du Mont Roucous.
Et à la fin, ils redescendirent tout schuss sur Lacaune, terminus sans doute provisoire. des aventures des Passejaires.
André Suc